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[Cinéma] Jackie Brown

Jackie Brown
Troisième film de Quentin Tarantino, après la révélation Reservoir dogs et l’explosion Pulp Fiction, ce long-métrage reprend certains éléments de ses prédecesseurs mais montre également une évolution dans la façon dont QT envisage désormais ses films.

Pour moi, ce film reste le meilleur de Tarantino, devant le culte Pulp Fiction ou le très récent Inglourious Basterds.

Fan de Tarantino depuis la sortie de Pulp Fiction il y a maintenant 15 ans, j’ai suivi religieusement la sortie de chaque nouvelle cuvée, qui se sont parfois fait distantes (6 ans entre Jackie Brown et Kill Bill vol.1). Il fait partie des rares réalisateurs dont je vais voir chaque nouveau film dès sa sortie, avec une petite boule au ventre : le frisson de retrouver un cinéaste que j’aime, mais également la peur d’être déçu par ce nouvel opus.

Lors de sa sortie en 1997, l’attente était forte après la claque de la palme d’or de Cannes 3 ans auparavant. Les critiques attendaient de voir une nouvelle fois la formule magique « gangsters-flingues-musique-dialogues » appliquées, tout en espérant un renouvellement de la part de QT. Les critiques furent bonnes, mais légèrement déçues : on ne tenait pas la suite de Pulp Fiction. Et pour cause, Tarantino s’éloignait du genre de ses deux premiers films.

Jackie Brown est un hommage vibrant aux films de Blaxploitation, et le casting de Pam Grier dans le rôle-titre achève de nous en convaincre. En femme d’âge moyen, déçue par la vie et un peu cabossée, elle irradie littéralement l’écran de grâce, de sensibilité, et de détermination.
Le reste du casting est à l’avenant : Samuel L. Jackson, régulier chez QT, campe un truand moyen qui rève de grandeur ; Robert de Niro, à contre emploi, son pote de taule largé par le monde moderne, petite frappe sur le déclin. Robert Forster est un pourvoyeur de caution las. Dans des petits rôles, Bridget Fonda en bêcheuse irritante et Michael Keaton en flic caricatural complètent la troupe.

Le casting first-class, on connaissait déjà depuis son premier film. Mais ici les personnages sont plus humains, moins caricaturaux, et l’on apprend leur histoire par petites touches, plus discrètes que le découpage en chapitres antichronologiques de Pulp Fiction.
De plus, tout le monde est impeccable, ce qui ne gâche rien.

Au niveau du scénario, Jackie Brown reste probablement la plus complexe des tarantineries à ce jour, avec sa dimension « film de braquage » bienvenue pour épaissir un peu l’éternel jeu « gangsters vs. gangsters vs. police ». L’intrigue monte progressivement en puissance, pour nous tenir en haleine jusqu’au final. Au niveau des dialogues, on peut d’abord s’avérer déçu après les florilèges des films précédents. Mais ici ils ne sont plus la colonne vertébrale du film. Néanmoins ils soutiennent brillament les situations et certaines répliques sont clairement cultes.

La réalisation monte nettement d’un cran ici, avec l’emploi de techniques peu vues chez tarantino auparavant : plans séquences, gruecam intelligente, compositions léchées en intérieur, etc. Clairement Tarantino a eu les moyens de ses ambitions et les utilise à bon escient, sans surenchère. Le montage est également de haute volée, soutenant efficacement l’action quand nécessaire ?

La bande-son est un sans-faute, comme d’habitude. Groupes connus ou non, les divers morceaux sont un vrai personnage de l’histoire, et sont étroitement mélés à certaines scènes. Un excellent point donc.

Tout les points que j’ai évoqué sont positifs,  mais bon nombre d’entre eux se retrouvent dans d’autres films de Tarantino. Alors quel est le truc en plus de Jackie Brown ? Pour moi c’est l’alchimie des différentes composantes, et l’équilibre général du film. On est constamment enveloppé dans une ambiance agréable, et le rythme nous tient en permanance dans l’attente de la suite, tout en nous laissant déguster juste ce qu’il faut les ambiances délicieuses. Malgré la longueur (2h15), on ne s’ennuie pas une seconde et on en redemande !

Si par hasard vous n’avez pas encore vu ce bijou, ruez-vous dessus ! Et ce même si vous n’êtes pas particulièrement attiré par le cinéma de Tarantino, car ce film a le bon goût d’être beaucoup moins violent que la moyenne de ses films, et donc susceptible de plaire à un large public. Un essentiel dans votre collection, d’autant qu’il est désormais dispo en Blu-ray pour ceux qui ont la chance de profiter de la HD !

Ma note : 10/10.

Etes-vous également friands du cinéma de Tarantino ? Et quel regard portez-vous sur cet opus, un peu à part du reste de sa filmographie ?

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Catégories :Cinéma
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